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16 juin 2014 1 16 /06 /juin /2014 19:48

Chers lectrices et lecteurs, bonjour!

J'ai le plaisir de vous communiquer l'avis de convocation du Conseil Municipal pour le 20 juin prochain. C'est une réunion exceptionnelle à ce qu'il semble qui ne traitera que d'un seul point.

Pour alimenter votre réflexion, je vous joins un article de mon journal préféré qui n'a pu que me rappeler les événements villicusiens de mars dernier au travers de certains paragraphes. Une connaissance qui connaît un peu le milieu politique, m'avait déjà dit que ce genre de pratique était assez courante en pareille occasion. Je me suis permis de surligner ce qui me semble se rapporter plus ou moins à notre situation.

Faites part de votre avis personnel.

À bientôt, à très bientôt.

Votre blogueur de service, agitateur d'idées, lanceur d'alerte, poil à gratter.

RÉUNION DU CONSEIL MUNICIPAL DU 20 JUIN 2014

Forum Stéphane Madaule Essayiste. Existe-t-il une morale en politique?

Journal La Croix

Le monde politique est impitoyable. Trahisons, coups fourrés, chausse-trapes, double langage sont légion. Les non-professionnels le disent tous: difficile de se maintenir debout dans un tel marigot où l'ambition dévore tout sur son passage: vie privée, amitiés les plus solides, compagnonnages politiques de longue date, adversaires mais surtout concurrents d'un même camp, convictions les mieux établies… Rien n'est jamais acquis et les procédés les plus tordus sont employés pour gravir les échelons, voire se maintenir en haut de l'échelle. Du simple poste de candidat sur une liste à l'élection municipale d'une petite commune aux plus prestigieux maroquins ministériels, le combat est de même nature, parfois d'une intensité rare, surtout entre protagonistes d'une même tendance. Alors les mensonges, les promesses, les engagements, les objectifs affichés font partie du jeu. Ils ne valent que pour ceux qui ont la naïveté d'y croire.

Quelques exemples pour s'en convaincre. Le président de la République s'engage à inverser la courbe du chômage avant la fin de l'année 2013. Les résultats tombent. Ils ne sont pas au rendez-vous et pourtant son ministre du travail vient nous expliquer le lendemain, en janvier 2014, qu'il s'agissait d'un objectif et non d'un engagement. Toutefois, que le peuple de France se rassure. On n'en est pas loin.

On s'en rapproche « d'un chouïa », on est à « deux doigts » d'y parvenir. Or quelques mois après, la tendance ne s'est toujours pas inversée. Que penseront à l'entendre les 5 millions de Français qui n'ont pas travaillé le mois dernier ou seulement par intermittence? Que penseront les salariés à qui l'on fixe des objectifs en début d'année et qui doivent s'engager à les tenir?

Autre exemple, Nicolas Sarkozy avait communiqué sur des baisses drastiques du nombre de personnes atteintes par la pauvreté en France ou par le mal-logement. Or, sur ces deux paramètres, les clignotants sont restés au rouge jusqu'à la fin de son quinquennat.

Mais le plus grave est encore ailleurs. Les hommes et femmes politiques se targuent de nous dire la vérité. Or, leurs combats politiques semblent leur imposer, pour réussir ou se maintenir aux postes de responsabilité, de biaiser en permanence avec cette même vérité. Comme si un hiatus grandissant existait entre les armes de la joute politique, nécessaire à la conquête du pouvoir, et le discours vis-à-vis des citoyens où la vérité et la transparence seraient tout d'un coup de mise. En d'autres termes, on voudrait que notre classe politique retrouve comme par enchantement des accents de sincérité, de

crédibilité, d'authenticité lorsqu'elle s'adresse aux citoyens, alors qu'elle passe son temps à biaiser avec la vérité dans des luttes intestines.

Pas question de crier aux «tous pourris» et de rejeter en bloc notre système politique. Nous sommes bien en démocratie et chacun a le droit et le devoir de choisir, à échéance régulière, le nom de ses représentants. L'immense majorité des élus est honnête et bien peu puisent à titre personnel dans les caisses. Pourtant, ces élus sont placés dans un tel environnement, les places sont si convoitées, les règles de la politique sont si perfides qu'il leur est impossible, sans contorsions, de faire carrière. À la fin, couturés de partout, on se demande s'ils sont encore dotés d'une colonne vertébrale leur permettant de tenir un cap. Les plus cicatrisés, ceux qui ont le cuir tanné sont d'ailleurs ceux qui montent souvent le plus haut, qui sont les plus recherchés. Leur dépendance au milieu est totale. Ils sont prêts à tout pour se maintenir, ce qui en fait du personnel de choix pour exécuter les basses oeuvres, avaler des couleuvres de plus en plus grosses, changer d'avis par circonvolutions successives.

Alors, comment faire pour inverser les choses ou, à défaut, stopper cette évolution? Multiplier à coup sûr les rendez-vous citoyens qui permettent de juger de la sincérité de la parole donnée. Retirer aux élus la possibilité de faire de leur mandat une profession, en évitant le cumul des mandats, en limitant le nombre de mandats successifs, en réduisant les avantages pécuniaires liés à une charge d'élu, en prévoyant de faciliter le retour à la vie civile pour ceux qui perdent les élections, en raccourcissant la

durée de certains mandats. Dans ses débuts si bien décrits par Tocqueville dans De la démocratie en Amérique, c'était ce type de système politique qui prédominait aux États-Unis. La politique n'était pas une profession. On n'entrait pas en politique à 30 ans pour en sortir à 70 ou 80 ans. Et, pourtant, les choix à opérer étaient aussi complexes qu'aujourd'hui. Pourquoi ne pas essayer de revenir à un tel fonctionnement de la

démocratie, un cadre institutionnel où la morale de l'élu serait protégée des excès du combat politique?

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