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29 novembre 2014 6 29 /11 /novembre /2014 08:42

Chers lectrices et lecteurs, bonjour,

J'ai le plaisir de vous reproduire un article du journal La Croix du 26 novembre 2014, qui traite de la difficulté ressentie et vécues par nos maires ruraux.

Il serait intéressant que notre maire précédent et notre maire actuelle nous parlent de leur expérience.

Une expérience longue pour notre maire précédent qui devrait permettre de dire bien des choses ressenties au long des années.

Une expérience très récente pour notre maire actuelle, mais qui devrait aussi permettre de dire les choses ressenties quand on prend la responsabilité d'une commune avec une expérience d'adjointe, ce qui n'est tout de même pas rien.

Au nom de tous mes concitoyens, je les en remercie.

À bientôt, à très bientôt.

Votre blogueur de service, agitateur d'idées, lanceur d'alerte, poil à gratter.

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Le grand désarroi des maires ruraux « abandonnés »

- Le congrès de l’Association des maires de France s’ouvre aujourd’hui dans un contexte tendu marqué

par la réforme territoriale en cours.

- Les maires des petites communes rurales s’estiment les grands perdants de cette réorganisation qui va selon eux les isoler un peu plus.

Nadine Kersaudy est maire depuis 1995 de Cléden-Cap-Sizun, une commune d’un millier d’habitants située tout au bout de la Bretagne, proche de la Pointe du Raz. «Après nous, il n’y a plus rien !», s’amuse l’élue que ses administrés n’appellent pas Madame le Maire mais tout simplement Nadine. L’isolement, cette propriétaire d’une crêperie le vit au quotidien. Alors l’hiver, quand son commerce est fermé, elle passe ses journées à la mairie pour résoudre les petits tracas du quotidien : la place à trouver en maison de retraite pour des parents vieillissants ; les personnes qui n’ont plus de revenus et à qui on coupe le chauage ; les propriétaires de terrain qui se débattent avec les règles d’urbanisme et puis tous ceux qui viennent simplement pour «discuter ». «Il faut voir comment on vit chez nous ! La proximité ce n’est pas qu’un joli mot, c’est important et c’est une chance pour nous et pour nos administrés», cone l’élue. Or, Nadine, comme la plupart des maires ruraux, a le sentiment qu’ils sont les premières victimes de la réforme territoriale engagée par le gouvernement. «Aujourd’hui il n’y en a plus que pour les métropoles. Nous, nous n’existons plus», regrette-t-elle. La réorganisation du territoire, amorcée déjà dans la réforme de 2010, privilégie les regroupements de communes –qui devront constituer désormais des ensembles de 20000habitants minimum– et les régions, au détriment des communes et des départements. «On supprime tous les échelons de proximité, déplore Vanik Berberian, maire de Gargilesse-Dampierre (Indre) et président de l’Association des maires ruraux de France. Nous sourons de ce déshabillage constant de la ruralité. La France n’est pas qu’urbaine, elle est aussi rurale.»

Concrètement, les maires ruraux se plaignent d’être peu à peu dépouillés de leurs pouvoirs au prot des communautés de communes, ces structures «technocratiques » où les plus petites d’entre elles se sentent mal représentées. Ils ne maîtriseront bientôt plus le plan local d’urbanisme et pourraient perdre également leurs pouvoirs budgétaires. «Tout est fait pour démontrer que les petites communes ne sont plus viables et qu’il faut les supprimer de la carte et avec eux leur équipe municipale», constate Pierre Morel-A-L’Huissier, maire de Fournels,

député UMP de Lozère et auteur de plusieurs rapports sur la ruralité. «Pourtant,quand vous êtes maire d’une petite commune, pas un jour sans emmerdements, explique-t-il. La fuite d’eau à réparer en urgence, la coupure d’électricité qui nécessite de mettre en place les générateurs de secours, les personnes en diculté qu’il faut prendre en charge. Face à ça, s’interroge- t-il, que va faire un président de communautés de communes qui est à 20 ou 30 kilomètres ?»

Maire de Lavoncourt (Haute-Saône), Jean-Paul Carteret avoue lui aussi son incompréhension devant cette politique : «Les communes rurales ne coûtent pas cher, et c’est le dernier service public qui reste, avec une équipe de quasi-bénévoles qui se dévouent pour leurs concitoyens et créent du lien social. Vous préférez des villages dortoirs où il ne se passe plus rien ?»

«La couverture numérique, c’est important mais ça ne peut être la seule réponse, approuve Nadine Kersaudy. On déshumanise nos territoires.» La suppression annoncée du département à l’horizon 2020 ajoute à leurs inquiétudes. Le conseiller général est souvent leur principal

interlocuteur et les aide nancièrement quand il s’agit d’acquérir un camion de ramassage des ordures ménagères ou d’eectuer des travaux de voirie dont le coût dépasse les possibilités nancières de la commune. «Si une partie de ces compétences passent aux grandes régions, que vont devenir ces dotations de solidarité ?», s’interroge Pierre Morel-A-L’Huissier pour qui la réforme en cours risque d’aggraver un peu plus la fracture territoriale qui se creuse entre zones urbaines et zones rurales.

Avec la crise, la baisse des dotations et la disparition progressive des concours de l’État distribués par le préfet pour contribuer à l’aménagement du territoire, «on va vers un assèchementnancier de la ruralité», déplore-t-il. Ainsi la suppression de la dotation aux stations-service (aide à la remise aux normes) dans le budget 2015 pourrait entraîner, selon lui, la disparition de 2000 d’entre elles en milieu rural. Aucun d’entre eux n’attend cependant quoi que ce soit des assises de la ruralité organisées par le gouvernement. «Des rapports sur la ruralité, le gouvernement en a plein les tiroirs, explique le député de la Lozère. Ils n’ont toujours pas compris que la ruralité est un problème sociétal. Le principe d’égalité des territoires est devenu un anachronisme. Il faut envisager aujourd’hui des mesures spéciques et repenser une politique globale d’aménagement du territoire qui a été complètement abandonnée.»

CÉLINE ROUDEN

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REPÈRES

90 % DES COMMUNES ONT MOINS DE 3 500 HABITANTS

- C’est la loi du 14 décembre 1789 qui a érigé en communes « toutes les communautés d’habitants » (paroisses, villages, bourgs, villes) existant au moment de la Révolution française. Ce qui explique le nombre important de communes en France aujourd’hui : 36 681 communes en 2014.

- 33 694 communes ont moins de 3 500 habitants (31 539 en ont moins de 2 000) et regroupent environ un tiers de la population française (33,1 %).

- Un maire d’un village de moins de 500 habitants perçoit 646,25 € brut par mois et celui d’une commune de 500 à 1 000 habitants 1 178,46 € brut.

- Les adjoints d’une commune de moins de 500 habitants touchent 250,90 € brut et 313,62 € dans une commune de moins de 1 000 habitants. Les quelque 500 000 conseillers municipaux perçoivent 228,09 € d’indemnités quelle que soit la taille de la commune.

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