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11 mars 2015 3 11 /03 /mars /2015 21:04

Chers lectrices et lecteurs, bonjour !

Après les horribles événements de janvier on continue ici et là, à se poser mille questions sur la liberté d'expression et la responsabilité de son auteur. Thierry Aumonier y revient dans l'article ci-dessous que je livre à votre réflexion. Il questionne non seulement le journaliste professionnel mais aussi toute personne publique ou civile amenée à s'exprimer par écrit.

Simple blogueur au sein de mon village de moins de 300 habitants, je me sens concerné par cet article et suis appelé à m'interroger.

Même si je m'efforce de veiller, à peser chaque mot, je ne peux jamais être certain de ne pas choquer, de ne pas blesser, de ne pas agresser.

Les professionnels de la politique sont en général préparés à être interrogés régulièrement, à être contestés vivement, à être remis en cause. Si vous suivez les interviews, les émissions politiques, les conférences de presse, vous pouvez vous rendre compte souvent de leur aisance, de leur culot parfois voire leur aplomb à éluder, à contourner, à ignorer les questions gênantes.

Pour ce qui est des écrits, la réponse est le plus souvent la non-réponse.

La situation d'élus locaux, et à fortiori dans un village de moins de 300 habitants, est tout autre. De bonne volonté toujours, ils n'ont généralement aucune formation " politique ". Ils disent eux-mêmes, qu'ils ne font pas de politique! Désolé, chers élus mais s'occuper de la gestion de la cité, c'est de la politique, que vous le vouliez ou non! Le cursus professionnel peut aider parfois à entrer en dialogue avec le citoyen " turbulent ". Le militant de toujours, associatif, syndical et autres, le simple citoyen qui s'intéresse de toujours à la politique et en suit les débats régulièrement, sera plus à l'aise pour entrer en dialogue avec le même citoyen turbulent.

Où en sont nos élus, d'âges et de situations diverses et variées ? Qu'en est-il de leur capacité à entrer en relation avec les citoyens peu sages, pas dociles du tout, osant s'exprimer, voire contester ?

Le philosophe dit que l'on ne peut reprocher à un être humain son incapacité à entrer en dialogue avec son semblable. Pourquoi ne le peut-on ? Pour la bonne raison, dit-il « Tout simplement, parce qu'il ne l'a pas ! » C'est aussi simple que cela ! Et il ajoute, « Que fait-on à un poste qui nécessite une capacité à entrer en relation naturellement avec autrui, et y compris en cas de conflit, quand on n'a pas cette capacité ? »

De ce fait, la question, la remarque, la réclamation, la contestation musclée, peuvent être très mal ressentis par l'élu "non-politique", non en mesure de gérer cette difficulté. Il est vrai que cette situation est généralement très rare en milieu rural ou en petite ville.

Manifestement, mes chers concitoyennes et concitoyens élus, n'ont pas de chance de compter parmi eux un trublion blogueur de surcroît !

J'accepte volontiers que mes chers concitoyennes et concitoyens élus, après étude et analyse de cet article, me signalent bien simplement en quoi et à quelle occasion, j'ai :

- dit publiquement n’importe quoi...

- menacé le respect de l’autre...

- agressé l'un ou l'autre...

et tout ce qu'ils souhaitent exprimer...

À bientôt, à très bientôt.

Votre blogueur de service, agitateur d'idées, lanceur d'alerte, poil à gratter. Et aussi, colibri, bec ouvert, virevoltant à la recherche d'info pour vous la déposer à domicile.

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THIERRY AUMONIER, dirigeant d’entreprise La Croix du 9 mars 2015

Liberté et responsabilité : retrouver l’équilibre

Le dogme de la liberté d’expression, joint à celui de la tolérance absolue, ouvre la possibilité de dire publiquement n’importe quoi… comme si c’était forcément sans conséquences. L’actualité récente a démontré le contraire : des dessinateurs de Charlie Hebdo l’ont payé de leur vie ; la couverture du magazine qui a suivi ces assassinats a provoqué, entre autres victimes, la mort au Niger d’une dizaine de chrétiens et l’incendie ou le saccage de quarante-six églises. Les uns et les autres ont payé cher, du fait d’une folie meurtrière, l’exercice d’une liberté d’expression qui s’exonère des limites que devrait imposer le devoir de responsabilité. La première forme de responsabilité, surtout lorsqu’on est journaliste ou responsable public, est de penser aux conséquences possibles de ce qu’on s’apprête à dire ou à publier. Une autre est de s’interroger pour savoir si ce qu’on veut exprimer peut aider, notamment à mieux comprendre, ceux à qui l’on s’adresse… ou sert surtout à se «faire plaisir». La vraie liberté d’expression enrichit ses interlocuteurs. Être responsable, enfin, c’est accepter que sa liberté d’expression s’arrête là où elle menace le respect de l’autre, de tout autre ; là est la bonne tolérance. La liberté d’expression n’est pas la liberté d’agression. Peut-être nos réactions individuelles, comme nos mobilisations de masse, reflètent-elles davantage de peur que de solidarité. C’est ce qui expliquerait le contraste entre l’immense réaction aux assassinats de Paris et l’assourdissant silence devant ceux du Niger, à qui a été refusée la liberté même de pensée ; assassinats pourtant objectivement indissociables. Nos contradictions ne s’arrêtent pas là. L’appel à l’unité nationale et internationale qui a fait déler ensemble le 11janvier droite et gauche et qui a placé côte à côte le président palestinien et le premier ministre israélien, a manifesté une solidarité sans faille au mode d’exercice de la liberté d’expression de Charlie Hebdo, jusque dans ses provocations. Selon quelle logique a-t-on alors décidé d’en exclure le Front national (au risque, d’ailleurs, de le mettre en valeur) ?

L’émotion atténuée, le traitement du vrai problème s’impose à nous : enrayer et inverser la spirale de la violence, à laquelle nous assistons, relativement impuissants et parfois passivement. L’avertissement de Bossuet vaut toujours : «Le ciel se rit des prières qu’on lui fait pour détourner de soi les maux dont on persiste à vouloir les causes.» Veut-on redonner aux familles les moyens d’exercer leur rôle éducatif (voir le film Qu’Allah bénisse la France) ? Veut-on remettre d’aplomb un modèle d’éducation nationale qui a fait la preuve de son échec (voir l’étonnant appel d’un collectif de professeurs dans Le Monde du 14janvier) ? Veut-on conformer la politique de la ville au slogan du «vivre-ensemble » ? Faute de traiter les causes, on ne pourra que s’épuiser à soigner les

effets : des services de renseignements engorgés par l’explosion du nombre de djihadistes à détecter ; des policiers dépassés par la porosité des frontières de l’espace Schengen ; des gardiens de prison impuissants devant l’influence des détenus les plus extrémistes…

Au-delà du travail politique à accomplir, il faudra veiller à ce que la liberté d’expression ne puisse pas s’en prendre à la liberté de pensée : c’est le nécessaire respect des convictions les plus profondes de chacun. Donner une place à la religion aide à donner un sens à sa vie et, à moins d’une religion violente par nature, elle favorise la vie en société et la paix sociale. Ce n’est pas parce que la vertu est moins à la mode qu’elle est moins nécessaire. Le mépris du respect de la forme (écoute, discrétion, civilité, etc.) n’est que le masque du refus de la morale. Celle-ci est pourtant nécessaire à une vie harmonieuse en société. La morale collective n’est nullement pour autant un obstacle à l’épanouissement personnel, bien au contraire. L’hostilité aux religions en général et au christianisme en particulier ne rend pas service à la société.

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