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16 août 2016 2 16 /08 /août /2016 15:02
UNE JEUNESSE CAPABLE DE VIVRE LA DIFFERENCE
UNE JEUNESSE CAPABLE DE VIVRE LA DIFFERENCE

Plus de 5 000 jeunes scouts issus des six mouvements de la Fédération du scoutisme français participent à la 5e édition du Roverway. Réunis d’abord dans une centaine de camps thématiques à travers la France, ces jeunes de différentes religions se retrouvent à Jambville (Yvelines) à partir de demain et jusqu’au 14 août. Lors de l’inauguration, le 3 août, François Hollande les a félicités, acteurs de solidarité et de paix..

 

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UNE JEUNESSE CAPABLE DE VIVRE LA DIFFERENCE

Les Scouts et Guides de France de Lille et d’Arras ont cohabité, pendant près d’une semaine, avec les Scouts musulmans de Lyon à Salvizinet (Loire). Ces rencontres sont au fondement de la pédagogie scoute et de ses valeurs universelles.

 

De prime à bord, rien ne différencie, en cette fin juillet, le campement des Scouts musulmans de France (SMF) de celui de leurs voisins, les Scouts et Guides de France (SGDF), installés quelques mètres plus loin. Sur une petite plaine en bordure de forêt, la cinquantaine de scouts musulmans, originaires de Lyon pour la plupart, ont déployé leurs tentes et monté leurs tables. Pendant une semaine, ils vont cohabiter sur la même propriété de Salvizinet (Loire) avec des scouts et guides de Lille et les pionniers et caravelles du 17e groupe d’Arras.  

 

Des rencontres dont les scouts, de toutes les religions, sont familiers depuis des années.

 

Le scoutisme peut-il donc être une réponse au malaise identitaire d’une partie de la jeunesse musulmane et un moyen de lutter contre la radicalisation ? Pour le président des SMF, « les jeunes, y compris ceux tentés par la radicalisation, sont en quête de sens. Et le scoutisme est la réponse car il leur donne les outils pour s’engager

et créer des projets ». Un objectif partagé par la directrice de la Fédération du scoutisme français, Elsa Bouneau : « Le scoutisme a un rôle à jouer face à une jeunesse en manque de repères ! » Depuis leur création en 1991, les Scouts musulmans de France s’attachent à concilier la pédagogie du fondateur du scoutisme, Robert Baden-Powell, avec les valeurs de l’islam. « Ce mouvement d’éducation populaire doit permettre à un très grand nombre de jeunes musulmans de vivre dans un islam apaisé et citoyen », explique Abdelhak Sahli. Un retour aux sources, en somme, puisque Baden-Powell fonda le scoutisme pour la jeunesse désœuvrée des banlieues ouvrières du Royaume-Uni.

 

« Les jeunes, y compris ceux tentés par la radicalisation, sont en quête de sens. Et le scoutisme est la réponse car il leur donne les outils pour s’engager et créer des projets. »

 

 

UNE JEUNESSE CAPABLE DE VIVRE LA DIFFERENCE



En quoi le scoutisme peut-il être une réponse au  mal-être de certains jeunes, notamment ceux tentés par la radicalisation ?

Adrien Chaboche : Une des grandes spécificités de ce mouvement d’éducation, c’est que les jeunes s’engagent sur des valeurs. Ils le font dès leur entrée chez les scouts, devant les autres membres. Ce sont la promesse et la loi scoutes. Ils peuvent s’engager à respecter la vie collective, à toujours rester de bonne humeur, à respecter l’environnement, à écouter la parole de Dieu (pour les mouvements confessionnels)… Et c’est un choix personnel de l’enfant. Il choisit lui-même ses promesses. Il peut rajouter une mention personnelle s’il le souhaite. Pour ces jeunes, c’est souvent la première fois de leur vie que l’on leur demande de s’engager sur des valeurs. Faire cette promesse devant tout le monde n’est pas neutre. La plupart se souviendront de leur choix pour toujours. Les scouts du monde entier le font, soit 50 millions de jeunes.

 

En quoi l’absence  de grandes contraintes  est-elle essentielle au scoutisme ?

 

A. C. : Le but du scoutisme est de former des jeunes responsables, autonomes, solidaires et libres. Il ne s’agit pas de les formater. Il faut qu’ils prennent conscience de leurs responsabilités, qu’ils utilisent notre cadre pédagogique pour expérimenter des limites, faire des choix individuels, se tromper aussi. Ils décident parfois de leur programme, font leurs repas et leurs courses… Nous valorisons leur apprentissage via un système de badges qu’ils obtiennent après avoir accompli certaines actions. Mais le jeune est libre de prendre l’engagement qu’il veut pour obtenir un badge. Le but, c’est que son niveau d’autonomie grandisse au fur et à mesure.

 

Le scoutisme peut-il être  un obstacle au fanatisme ?

 

A. C. : Je suis certain que le scoutisme fait rempart à la radicalisation parce que la vie collective occupe une place très importante chez nous. Les jeunes sont amenés à vivre ensemble dans des conditions difficiles au milieu de la nature. Ce qui les amène, de fait, à être solidaires et à partager. La vie devient beaucoup plus compliquée si on l’affronte en solitaire. Nos équipes sont aussi hétérogènes en termes d’âge, pour que les plus âgés transmettent aux plus jeunes. Le mouvement scout organise également des événements internationaux qui sont autant d’occasions de rencontres avec l’autre. Elles aident les jeunes à ne pas voir en l’étranger un ennemi. Et la dimension spirituelle est présente dans tous les mouvements, même chez les laïcs. Les jeunes sont invités à réfléchir sur le sens de leur vie, à prendre conscience qu’il existe différentes religions, que certains croient et d’autres non. Chez les Éclaireurs unionistes par exemple, mouvement protestant, nous prévoyons des temps de lecture de la Bible. Les jeunes sont ensuite invités à s’exprimer librement. C’est un moment d’initiation au texte biblique et de réflexion sur soi-même et ses propres convictions.

 

Et tout cela fonctionne ?

 

A. C. : Certainement, même si cela ne veut pas dire que tout scout est un modèle de perfection. Mais il est clair qu’il est plus ouvert que la moyenne. Il suffit d’interroger des gens sur leur vie professionnelle. Beaucoup nous disent : « Quand je travaille avec un scout, je le vois. » Le scout pense beaucoup plus en termes de collectif.

Recueilli par  Pierre Wolf-Mandroux

Et nous, adultes, comment vivons-nous nos différences au sein de 

notre lieux de vie, le Village?

 

Que souhaitons-nous

partager?

 

Que souhaitons-nous

échanger?

 

Souhaitons-nous

nous rencontrer?

 

Aimons-nous nous croiser,

nous saluer?

 

Comment partageons-nous

 

l'espace?

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