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21 janvier 2017 6 21 /01 /janvier /2017 09:20

 

La chronique de Geneviève Jurgensen Journal La Croix du 20 janvier 2017

 

«Si j’étais riche, je me construirais une grande maison, haute, avec des douzaines de chambres… un long escalier s’étirerait jusqu’à son sommet et un autre, plus long encore, en descendrait. Et puis il y en aurait un troisième, qui n’irait nulle part. Il serait là pour faire beau… Ma femme prendrait de grands airs et se pavanerait comme un paon… Les hommes importants me demanderaient conseil, comme au sage Salomon. Et qu’importe que j’aie tort ou raison, quand on est riche, tout le monde croit qu’on sait tout. »

 

Ces paroles, extraites et rapidement traduites de la version anglaise du Violon sur le toit, dépeignent assez bien ce que l’on perçoit du nouveau président des États-Unis. Plus inquiétante encore que le président, même si on croyait avoir atteint un sommet, est la découverte de la deuxième génération, essentiellement la fille de Donald Trump, Ivanka, et son mari, Jared Kushner.  
Par leur jeunesse et leur aptitude à se faire passer pour une version acceptable de Trump, ils disposent désormais de la meilleure situation possible et de quatre années devant eux pour organiser leur propre accession au pouvoir. Or, l’un comme l’autre démontrent depuis qu’ils sont en âge de démontrer quoi que ce soit que leur première caractéristique est leur esprit de clan. Les phrases peuvent être policées, donner une illusion d’urbanité, elles ne laissent pas plus d’espace entre eux et le chef du clan qu’il n’y en a entre un timbre et une enveloppe. Notons que le chef du clan Kushner a été condamné à de la prison ferme pour différents délits, dont un piège tendu à son propre beau-frère dont il voulait se venger, piège qui n’a rien à envier aux mœurs du SVR (ex-KGB). Le pays réputé le plus puissant du monde est maintenant aux mains d’une famille que rien n’arrête, du moins rien de ce qui arrête les gens auxquels nous aimons confier des responsabilités car ils agiront en notre nom : le sens moral. Beaucoup des commentateurs politiques que l’on peut lire ou entendre dans les médias français infléchissent leur manière d’analyser les faits et gestes de Donald Trump. Il est président, il faut bien en tenir compte, on ne peut pas éternellement refuser la réalité et cultiver l’état de choc. On sent percer aussi l’espoir que Trump, tout repoussoir qu’il soit, réussisse, car c’est l’intérêt de tous, dans le monde entier. Oui ! Mais
la brutalité que ne tempère aucune morale a-t-elle jamais, sur le long terme, conduit à autre chose qu’au désastre ? La comparaison avec l’élection du président Reagan, mal accueilli en 1980, moqué, et finalement laissant un bon souvenir, est pure illusion. Rien, ni dans son curriculum vitae, ni dans son attitude ou ses propos de campagne, ne justifie le moindre rapprochement avec Donald Trump. On peut facilement parcourir sur  Internet les vidéos de l’époque pour le vérifier. Sur Europe 1, lundi matin,  l’acteur français Lambert Wilson confiait que, depuis des années, l’Amérique le terrorisait et qu’il se serait débarrassé volontiers de toute la population américaine. Remarque ahurissante dans la bouche d’un homme de culture auquel on a envie de rappeler  les plus grands noms de tous  les arts et de toutes les sciences dont cette tentation nous aurait privés si elle s’était réalisée. Mais dans cet élan délirant, Wilson a dit aussi, évoquant quelques phrases de Meryl Streep, autres que celles auxquelles je me référais ici la semaine dernière mais issues du même discours : « Il ne faut pas qu’on oublie ces Américains-là. » Qui sont-ils ? Ils sont plus d’un sur deux. Ils ont honte des Trump avant même d’en avoir peur, nos amis nous l’écrivent, certains contacts de nos réseaux sociaux le publient, mais plus important encore, une vraie résistance s’organise, par des moyens légaux, pour que vive dans l’action et pas seulement la contrition l’espérance d’un peuple égaré. C’est étrange mais nous, les enfants de l’après-guerre, nous avons grandi dans l’idée qu’avec tous leurs défauts, les Américains étaient quand même à la base des gens envers qui nous avions une dette. Pour la première fois de ma vie, je me dis qu’aujourd’hui ils ont besoin de nous, et que nous pouvons payer notre dette. Commençons modestement par le début en ne les oubliant pas. Et puisque nous allons bientôt voter, saisissons l’occasion pour leur montrer que tous les peuples libres ne sont pas devenus  complètement fous.

 

ET ENCORE.

Jean-Claude Raspiengeas
 

 

Obama,  un document pour l’Histoire Le cauchemar est devenu réalité. Donald Trump a prêté serment sur la Bible. Le voilà désormais bien calé dans le fauteuil à bascule du Bureau ovale. Le monde va devoir composer avec ses foucades, sa courte vue, ses assauts d’insultes et de menaces, via notamment son compte Twitter. Avant cette épreuve, un coup d’œil dans le rétroviseur s’impose. Arte nous y aide avec quatre DVD passionnants qui reviennent sur les années Obama. Ces documentaires expliquent les circuits de la prise de décision, le volontarisme et les compromis, les réponses urgentes (l’exécution de Ben Laden) comme les marathons interminables (Obamacare). On voit comment ce président s’engagea personnellement pour arracher des avancées que la majorité républicaine ne voulait pas lui concéder (et qu’elle va se hâter de détruire). Entre le « Yes, we can » de 2008 et le « Yes, we did » de 2016, les auteurs interrogent les conseillers de la MaisonBlanche et Barack Obama qui répond longuement. Porté par un élan populaire irrésistible, ce jeune président noir qui voulait « changer l’Amérique et le monde » s’est heurté d’entrée à la crise économique de 2008, puis  à l’obstruction permanente de ses  adversaires républicains. Ce qui restera, c’est la vision au long terme de Barack Obama, sa mise en perspective historique, sa méthode pragmatique, son désir de réconcilier son pays divisé, la netteté de son propos et l’aura d’un homme intelligent, fin, cultivé, aux discours d’une grande élévation morale. Ce document permettra de mesurer l’écart abyssal entre la dignité d’un homme d’État et la brutale vulgarité de l’aventurier qui entre, avec son clan, à la Maison-Blanche.
Les Années Obama, série de Norma Percy, Paul Mitchell et Bryan Lapping. Arte éditions, 29,99 €

 

Bien de nos amis américains ont depuis quelque temps "froid dans le dos" suite au choix démocratique du peuple. On peut, et c'est le cas aux USA, être élu bien qu'on ait recueilli moins de 50% des voix du peuple. La constitution américaine est ainsi faite, non sans raisons historiques. Le président américain n'a pas les pleins pouvoirs sur tout.

Chacun trouvera sur internet le mode électoral américain très complexe, très différent du nôtre.

A propos de "froid dans le dos", ce qui n'est qu'une image, nos amis Evênes, éleveurs en Sibérie, savent ce qu'avoir froid veut dire. Quelques extraits d'un article de ce jour du journal La Croix.

Le photographe Jean-François Lagrot rêvait de connaître l’hiver sibérien. Il l’a découvert dans toute sa rigueur, en accompagnant des éleveurs évènes qui déplacent leurs troupeaux, loin à l’est de la Russie.

LE PIRE N'EST JAMAIS SÛR, MAIS IL PEUT SURVENIR, CHEZ NOUS... AUSSI!

Animaux de bât.

C’est en traîneau que les éleveurs de Topolinoë vont retrouver leurs troupeaux dans la lointaine  vallée. Un voyage périlleux. Non seulement  il y a 2 mètres de neige gelée et une température de – 50°, mais les traîneaux sont peu confortables. « Dans un chaos, je suis tombé. J’ai dû parcourir un kilomètre à pied pour rejoindre le convoi », se souvient Jean-François Lagrot. 

LE PIRE N'EST JAMAIS SÛR, MAIS IL PEUT SURVENIR, CHEZ NOUS... AUSSI!
LE PIRE N'EST JAMAIS SÛR, MAIS IL PEUT SURVENIR, CHEZ NOUS... AUSSI!

 Étonnant mélèze.

Cet éleveur s’apprête à couper les branches d’un  mélèze. Le tronc, débité en rondins,  a servi à alimenter le gros poêle installé au centre des tentes de coton fin où dorment les éleveurs. Les branches servent  à façonner les entraves pour immobiliser  les mâles dominants des troupeaux.  Ces mâles guideront ensuite le reste  du troupeau jusqu’à la vallée voisine. 

LE PIRE N'EST JAMAIS SÛR, MAIS IL PEUT SURVENIR, CHEZ NOUS... AUSSI!

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