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6 avril 2017 4 06 /04 /avril /2017 12:40
PRESIDENTIELLE.....
PRESIDENTIELLE.....

Les craintes soulevées

par le programme

 de Marine Le Pen 

Partenaires étrangers, milieux économiques, diplomates, responsables religieux, associations, défenseurs des droits de l’homme : ils sont nombreux à s’alarmer des conséquences que pourrait entraîner une application des propositions de la candidate du Front national. 

PRESIDENTIELLE.....

Extraits du journal La Croix du 6 avril 2017

articles de:

Laurent de Boissieu,  Marie Dancer, Anne-Bénédicte Hoffner, Céline Rouden,  Céline Schoen (à Bruxelles) et Gauthier Vaillant
 

 

La fragilisation de l’Europe

Que ferait Jean-Claude Juncker si Marine Le Pen intégrait l’Élysée ? « Je porterais des vêtements de deuil », affirmait le président de la Commission dès décembre 2016 à la télévision allemande. Car l’arrivée au pouvoir de la dirigeante du Front national pourrait rimer avec la mort de l’Union européenne (UE).

« Si la France basculait, ce serait un cataclysme pour l’Europe, prédit Franck Proust, chef de la délégation française du Parti populaire européen (PPE). La France, au même titre que l’Allemagne, fait partie de la colonne vertébrale de l’Europe. » Les esprits, à Bruxelles, ne sont pas tranquilles : « La situation est délicate, ajoute l’eurodéputé. Dans l’hémicycle, les Italiens et les Espagnols nous demandent souvent ce qui va se passer en France. La peur n’évite pas le danger. Vous dire que nos partenaires ne sont pas inquiets serait vous mentir. » Dans un ouvrage intitulé Son vrai visage : témoignage sur le FN au Parlement européen, Pervenche Berès, son homologue au sein du groupe socialiste (S & D), relève : « L’UE est constamment présentée par le FN comme la source de toute 
perte de souveraineté et la seule responsable de tous les maux dont souffre le pays. Plutôt que de trouver des solutions sérieuses, viables et constructives pour la France et l’Europe, le Front national préfère tout rejeter en bloc. »

« Partout en Europe, l’éventualité d’une élection de Marine Le Pen suscite l’inquiétude, voire l’effroi, note sur son blog Pierre Moscovici, commissaire aux affaires économiques et sociales. Je suis persuadé que cela n’arrivera pas, tant cette hypothèse échappe à la raison, qui reste une vertu française »

Une baisse du pouvoir d’achat La candidate du FN propose le « rétablissement de la monnaie nationale ». « La sortie de l’euro serait pourtant loin de servir les intérêts des classes populaires dont le FN a fait sa cible privilégiée : elle leur serait même extrêmement défavorable »

Car dans ce cas, ce sont bien « les petits qui paieront, au côté des classes moyennes ». De fait, cette mesure se traduira par une dévaluation de 15 à 40 % du franc par rapport à l’euro qui inquiète nombre d’économistes.
 

 
Une explosion du déficit public Les possesseurs d’assurance-vie en seraient aussi pour leurs frais, leurs portefeuilles de placements contenant beaucoup de titres de l’État français. Plus globalement, tous les foyers et les entreprises tricolores ayant souscrit un emprunt seraient confrontés au même problème que l’État pour rembourser. « Ces dettes privées représentent en 2016 un total de 2 800 milliards d’euros », précise une étude du laboratoire d’idées Terra Nova.


Le projet de Marine Le Pen « n’est pas économiquement responsable ». Ce carton rouge est brandi depuis plusieurs mois par Pierre Gattaz, le numéro un du Medef, face au Front national. Outre l’objectif affiché de sortir de l’euro, le patron des patrons s’alarme de la fermeture annoncée des frontières commerciales de la France.


Les produits importés coûteront plus cher. « C’est le prix à payer quand on cherche à favoriser les produits locaux », admet l’économiste Jacques Mazier, partisan d’une sortie de l’euro.


Lors du débat télévisé qui a réuni mardi soir les 11 candidats  à la présidentielle, Marine Le Pen a été particulièrement ciblée par les attaques de ses concurrents.
De nombreuses sphères de la société, en France  et à l’étranger, s’inquiètent  du programme  de la candidate  du Front national.

 

Une remise en cause du droit d’asile Dans son projet, Marine Le Pen propose de « revenir à l’esprit initial du droit d’asile qui ne pourra par ailleurs être accordé qu’à la suite de demandes déposées dans les ambassades et consulats français dans les pays d’origine ou les pays limitrophes ». Une telle procédure correspond aux actuels visas pour motif humanitaire, soit 8 532 en 2016. « Les États européens, dont la France, font tout pour limiter la délivrance de ces visas »

 « Cette proposition est contraire à l’esprit de la convention de Genève relative au vstatut des réfugiés car il n’y a plus de droit d’asile s’il n’y a plus la possibilité d’arriver dans le pays d’accueil en franchissant les frontières sans document de voyages »

Le FN est toutefois plus radical que le programme de Marine Le Pen. Le slogan « 100 % Front national, 0 % migrant » et la création de l’association « Ma commune sans migrants » par Steeve Briois, maire d’Hénin-Beaumont, corres
pondent en effet à une remise en cause du droit d’asile : ne vouloir aucun migrant, c’est, entre autres, ne vouloir aucun réfugié

 

Les étrangers mis au ban de la société Les défenseurs des droits de l’homme regrettent que ne soit pas suffisamment évoquée, pour la critiquer, une des mesures du programme du FN qui fait selon eux « froid dans le dos ». Marine Le Pen prévoit d’« ériger la citoyenneté française en privilège pour tous les Français par l’inscription dans la Constitution de la priorité nationale » 

« on contrevient au principe d’égalité entre les hommes considérée comme universelle.

 Ce serait une rupture avec tout ce que nous sommes et tout ce que les démocraties défendent ». Sans compter « la portée symbolique de cette mesure en termes de rejet de l’autre

 Pourquoi ne pas établir ensuite des sous-préférences en fonction de l’ancienneté dans la nationalité ? ». 

 « Non seulement c’est replier la France sur elle-même et l’isoler, mais c’est l’atteindre dans son rayonnement en ne portant plus ses valeurs », ajoute le défenseur des droits de l’homme. « Le village gaulois, c’est tout le contraire de notre histoire et de notre pratique

 
 

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