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16 avril 2017 7 16 /04 /avril /2017 06:51

MEDITATION POUR

LE JOUR DE PÂQUES

 

 duJournal La Croix par:

Odile Roman-Lombard (pasteure à Fontainebleau)

QUE CHERCHES-TU?    OU     QUI CHERCHES-TU?    ......ET....   COURSES AUX OEUFS.......

« Qui cherches-tu ? »

A Pâques que cherche-t-­on ? Des œufs en chocolat, vont peut-être nous répondre nos enfants.

« Que cherchez-vous ? » est la première parole que prononce  Jésus dans l’Évangile de Jean. Dans le premier chapitre, deux disciples de Jean-­Baptiste se mettent à suivre Jésus sur une parole de Jean-­Baptiste qui le leur désigne comme l’agneau de Dieu.  Jésus se retourne alors, les voit et les interroge : « Que cherchez-vous ? » (Jean 1,38).

« Que cherchez-vous ? », c’est peut-­être vers nous que Jésus  se retourne en ce jour de Pâques.

Que cherchons-­nous ? une parole qui nous fasse du bien et qui réalise le bien qu’elle énonce ; une parole qui nous réconforte et rassasie notre faim douloureuse d’exister pour quelqu’un ou d’être aimé ; une parole qui proclame l’espérance dans notre vie et notre monde de violence ; une parole qui relève et ressuscite nos existences lasses…

Le premier temps de l’Évangile est de poser cette question, d’étendre l’horizon de nos vies pour dépasser la multitude d’activités de nos vies trépidantes, qui nous laissent souvent insatisfaits.

« Que cherchez-vous ? », demande Jésus. La foi n’est pas d’abord une réponse, mais un cheminement, une invitation à suivre les pas du Seigneur, avec toutes les questions qui emplissent notre cœur, une invitation à chercher.

Finalement, c’est un peu comme pour la récolte d’œufs en chocolat, il faut sortir de chez soi et de soi, se mettre en quête, se demander où les parents ont pu cacher les œufs, se rappeler peut-­être où ils étaient les années précédentes, être attentifs au moindre reflet de soleil sur les papiers dorés… être en éveil, en attente.

Et si le début de l’Évangile de Jean tentait de nous inviter à nous mettre en éveil, prêts à chercher, à discerner une parole de vie tout au long de l’Évangile… À l’autre bout de l’Évangile, une autre question vient résonner en écho à la première parole de Jésus. Cette question est posée à Marie de Magdala qui s’est rendue tôt le matin au tombeau. Elle a été rejointe par Pierre et Jean qui, après avoir constaté que le tombeau était vide, sont repartis, la laissant en larmes. Elle pleure à côté du tombeau quand un homme qu’elle ne reconnaît pas l’interpelle : « Femme, pourquoi pleures-tu ?  Qui cherches-tu ? » (Jean 20,15) Du début de l’Évangile à sa fin, du compagnonnage aux côtés de Jésus à la découverte du Christ présent autrement que dans sa réalité physique, la question a glissé du « que » au « qui », d’une interrogation sur un but à une  interrogation sur une personne.

« Qui cherches-tu ? » Cette question invite à la relation. La foi n’est pas d’abord une doctrine, une tradition, des dates, un lieu… autant d’éléments figés, fixés, morts.  La foi est fondamentalement mise en relation avec quelqu’un, avec ce « qui » sur lequel le ressuscité interroge Marie. « Qui cherches-tu ? »

Non pas un corps à embaumer ou un souvenir à vénérer ? Il est intéressant de noter que cette question n’est posée que le jour de Pâques lorsque Jésus ne risque pas de devenir un guide dont il faudrait suivre aveuglément les principes, un gourou. « Qui cherches-tu ? » Serait­-ce celui qui accompagne la vie par­delà le tombeau vide, celui qui par l’appel d’un prénom, Marie, fait vibrer le cœur de celle qui se sentait enfermée dans le désespoir, celui  qui la renvoie vers ses frères pour  
dire la vie plus forte que la mort.

 Aujourd’hui où le terrorisme jette un regard soupçonneux sur toutes les religions, nous pouvons plus que jamais laisser retentir ces  appels qui encadrent l’Évangile de Jean, de « que cherchez-vous ? » à « qui cherches-tu ? ». Le Dieu de Jésus­-Christ accompagne chaque être humain dans la recherche de Dieu, de soi et des autres dans l’acceptation des fragilités de chacun.

Il nous relève et nous renvoie vers nos frères pour annoncer le Christ monté vers  son Père qui est notre Père. Odile Roman-Lombard (pasteure à Fontainebleau)
 

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